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Le témoignage du soldat Emil BAUER
vendredi 2 juin 2006
par Alfred
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La lettre d’un des lecteurs du Patriote Résistant de septembre 2003, « Sur les Plaques » « Fusillé par les Allemands »....cette mention me chagrine,...

En Réponse :

Voilà bientôt 60 ans que des hommes résistants ou civils pris au hasard ont été lâchement assassinés par des Allemands ? par des Nazis de toute évidence.

Mais voilà que 60 ans après, nous avons un témoignage percutant pour toutes ces familles de Fusillés : « Souvenirs du soldat Emil BAUER », né le 03 juillet 1914, Soldat fantassin dans la 7ème Compagnie, 2ème Bataillon, 10ème Régiment Panzer Grenadier, 9ème Division Blindée, grade sergent : terrains d’opérations : Décembre 1942 à Avril 1944 : En Russie// Avril à Juin 1944 : En relève dans le Sud de la France//Juillet 1944 : En Normandie et lors du repli vers l’Allemagne. Se dit communiste. Je cite quelques passages de ce mémoire : « Les Départements de l’Ardèche, du Gard, du Vaucluse et de la Drôme garderont éternellement le souvenir effroyable du 10ème Bataillon de Chasseurs » en caractères gras dans ce mémoire. Ma première expérience avec les Terroristes, je l’ai eue dans un petit village près de Valréas (...) Pendant ce trajet, les gars me racontèrent leurs derniers combats. Comment, ils pouvaient exécuter les prisonniers, qu’ils soient coupables ou non coupables, ou bien piller et incendier les maisons(...) J’ai dit tout de suite aux gars que je ne permettrais en aucun cas qu’un prisonnier soit exécuté en ma présence. Ils me regardèrent avec un grand étonnement (...) Lorsque les Compagnies rentraient le soir, les véhicules étaient pleins de choses volés et ils étaient tous complètement ivres. En chantant ou en braillant nous traversions Montélimar ou Loriol. Nos uniformes devenaient de plus en plus colorés. Chacun portait ce qui lui plaisait. Les Terroristes laissaient souvent leur équipement en plan et nous endossions ces choses là (...) Au lieu de mon ceinturon, je portais un ceinturon de Résistant avec une étoile soviétique (...) Nous étions une foule débauchée. Nous ne faisions jamais de prisonniers, tout le monde était fusillé. (Caractères gras) Le sang de nombreux innocents coula dans les rivières, par les gouttières (canalisations).C’est incroyable ce qu’un homme peut avoir comme sang (...) On pillait dans les magasins, ça avait mauvaise allure. Tout était piétiné et éparpillé, démoli et criblé de balles (...) Nos expéditions ressemblaient à des expéditions du diable. (...)Tous haïssaient les nazis. Mais si l’ordre d’aller au combat tombait, tous participaient. Le dressage était bien trop imprégné en chacun de nous (...) L’effroyable tournée de la 9ème Division blindée, dans le Sud de la France était terminée. »

Voilà ce que l’on peut lire dans ce Mémoire, que moi personnellement j’appellerai une Confession 60 ans après, le remord peut-être. (Mémoire détenu par notre Association)