Tulle – juin 2015

Tulle demeure une ville meurtrie. Le passage et les exactions des détachements de la division SS Das Reich, les 8 et 9 juin 1944 y ont laissé des traces indélébiles.
Dans le quartier de Souilhac, aux balcons et aux potences de fortune la ville, a accroché des bouquets de glaïeuls entourés de rubans mauves. Ils rappellent les endroits où 99 innocents ont été suppliciés.
Les cérémonies débutent le 8 juin devant la stèle près de la gare où 18 gardes-voies ont été assassinés par la Wehrmacht. Un peu plus loin, en sortie de l’agglomération les honneurs sont rendus aux 6 résistants tombés au combat. Ils faisaient partie du groupe intercepté par les SS le soir du 8 juin 1944. Hommage a également été rendu aux Francs-Tireurs tombés lors des combats des 7 et 8 juin 1944.
Le matin du 9 juin des gerbes ont été déposées au collège Clémenceau, aux établissements Borg Warner (ex-usine de la Marque) et à l’ancienne manufacture d’armes de Tulle (MAT). Ces établissements ont payé un lourd tribut pour la libération du pays et la restauration de la République mise à mal lors de l’occupation allemande.
Le Président de la République, fidèle à un enga- gement pris il y a 27 ans, est encore présent cette année et participe à la marche silencieuse qui, à 17h, conduit au champ des Martyrs. Très nombreux, les élèves des établissements scolaires, suivis des familles des Martyrs, des anciens résistants et de la population (tulliste ou non) constituent le long cortège (plus de 1 000 personnes) qui va rendre hommage aux 99 suppliciés et aux 101 déportés non revenus des camps nazis.
Devant les stèles, des élèves citent le nom de chaque Martyr et entonnent le Chant des Par- tisans repris par le public. Le Président François Hollande ouvre le dépôt des gerbes, une vingtaine, dont celle de l’ANFFMRF et A que j’ai déposée. Aux cérémonies de Tulle, il n’est pas prononcé de discours, mais le silence de la foule en cet endroit symbolique du Haut Lieu de Cueille témoigne du respect exprimé envers les victimes, mais aussi de la gravité des empreintes qu’y a laissé la barbarie nazie. C’est aussi un appel à la vigilance face à la recrudescence des fanatismes qui se manifestent en divers endroits du monde.
Paul Mons


Tulle, 2014

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Les 9 et 10 juin 1944 Tulle fut le théâtre d’un drame hors du commun, perpétré par la sinistre division Das Reich. Ce drame se solda par :
– Le massacre de plusieurs victimes civiles exécutées en divers endroits de la ville.
– La pendaison de 99 otages choisis dans une rafle de plus de 2000 tullistes.
– La déportation de 149 otages dont 101 ne sont jamais revenus.
Pour commémorer le 70ème anniversaire du drame la municipalité tulliste et le Comité des Martyrs se sont mobilisés pour donner aux cérémonies une dimension exceptionnelle marquant ainsi l’attachement des élus , des familles et de la population au souvenir des Martyrs.
Ce 70ème anniversaire préparé plusieurs mois à l’avance a vu l’aboutissement de deux projets dont la réalisation a vocation à entrer dans la transmission mémorielle.
– Un timbre évoquant les événements de juin 44 a été émis par la poste ce jour là en présence du Président François HOLLANDE, des représentants de la Direction Nationale de la poste et de nombreuses personnalités.
Ce timbre que les philatélistes vont pouvoir insérer dans leurs album rappellera ce qui s’est passé à Tulle en juin 44 et que, par cette émission, un hommage fort est rendu aux Martyrs. Plusieurs centaines de personnes ont profité du lancement du timbre pour acquérir les souvenirs « 1er jour » proposés par le Comité des MARTYRS.
– Une brochure réalisée grâce au soutien de plusieurs associations du monde de la Résistance et de la Déportation , notamment l’ANFFMRF-A, a été mise gratuitement à la disposition du public. Elle retrace le contexte dans lequel les événements de juin 44 se sont déroulés et donne une rétrospective de l’attachement que la population réserve, au file des ans, à ses Martyrs.
La date du 9 juin mobilise tous les ans les générations vives de la cité tulliste et même d’ailleurs, pour une marche lente et silencieuse vers le haut lieu de Cueille pour rendre hommage aux 200 Martyrs de la barbarie nazie.
Comme tous les ans, le 9 juin à 17h, le cortège ( 2000 personnes ),s’est constitué à hauteur de la place SMOLENK, près de la gare où le 7 juin 44, 18 gardes voies ont été lâchement assassinés par la garnison allemande. On notait la présence des délégations d’Oradour et de l’amicale des anciens apprentis du GIAT de Bourges.Les drapeaux, l’harmonie des enfants de Tulle, les élèves des écoles, les familles et les personnalités se sont dirigés vers la rue Louisa PAULIN où, traditionnellement, un dépôt de gerbes s’effectue devant la stèle érigée par des Déportés tullistes survivants de Dachau.
La présence du Président de la République François HOLLANDE a donné à l’événement une ampleur particulière et un regain de participation populaire significatif déjà constaté l’année précédente.
Le cortège a pris la direction du haut lieu de Cueille, le Champs des Martyrs, où se déroule la cérémonie commémorative.
Devant la stèle centrale, une foule émue, écoute, silencieuse, les noms des victimes que les enfants des écoles prononcent. Pas de discours, des dépôts de gerbes ( une vingtaine ), par les autorités et les associations présentes. Comme me l’a demandé l’ANFFMRF-A, j’ai déposé la gerbe de l’association, juste avant celle du Comité des Martyrs.
Paul MONS


 Tulle : Commémoration du 9 juin 1944 – 2013

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« Tulle résistante et martyre », c’est le titre de la brochure qui présente les divers circuits du « Chemin de Mémoire de Tulle », dont la signalétique a été inaugurée ce 9 juin 2013, par Bernard Combes, maire de la ville, avant la cérémonie principale. Ce document rappelle les hommes et les faits qui marquèrent la période sombre de 39/45.
Cette année, le 9 juin tombant un dimanche, des dépôts de gerbes ont été effectués dès le vendredi 7 juin, afin de tenir compte de la volonté du personnel et de la Direction des établissements Borg Warner et Nexter (ex manufacture d’armes), de cesser temporairement le travail pour rendre hommage à leurs anciens collègues tués par les nazis.
Le 9 juin, le Président de la République est venu saluer les représentants des familles des victimes en cours de déjeuner. Depuis 1988, François Hollande est toujours présent ce jour-là, il tient à commémorer le sacrifice des Martyrs exécutés pour notre liberté.
Comme tous les ans, la ville et le Comité des Martyrs ont préparé cette journée mémorable. Le long des rues des quartiers de Souilhac et de la Gare des bouquets de fleurs indiquent les emplacements des suppliciés.
En marge de la cérémonie et avant que le cortège silencieux se dirige vers le « Haut lieu de Cueille », Bernard Bombes, maire de la ville, a procédé à la présentation du « totem », installé à l’entrée de l’ex manufacture d’armes. Cet endroit symbolique nous rappelle les évènements tragiques qui s’y déroulèrent. Ce pupitre, riche en photos de l’époque et de commentaires sur le lieu et les faits, marque une étape importante dans les circuits du chemin de mémoire de « Tulle Résistante et Martyre ».
Il est 17h, c’est le moment ou débute la marche lente en direction du Champ des Martyrs. Une foule nombreuse, influencée par la présence du Président Hollande, suit les drapeaux, les écoles, les familles et les autorités. De nombreux médias flashent les participants au défilé, tranchant ainsi avec les années pas si lointaines où le drame de Tulle était encore peu connu.
Pour des raisons de sécurité, seuls les familles des Martyrs, les autorités et les représentants du monde des anciens combattants et résistants furent acceptés sur l’aire de recueillement. Dans ce cadre protocolaire, les élèves du Lycée Edmond Perrier citèrent les noms des 200 victimes (99 pendus, 101 déportés non rentrés) puis, tour à tour, la Chorale du Lycée entonna le « Chant des Partisans » et l’Harmonie des Enfants de Tulle exécuta les sonneries d’honneur. De nombreuses gerbes furent déposées par les personnalités et les représentants des associations, dont l’Association nationale des Familles des Fusillés et Massacrés de la Résistance Française qui m’avait confié cette tâche.
Tulle prépare le 70 anniversaire du Drame. Afin que nul n’oublie, le Comité scientifique qui s’est déjà fortement investi dans le chemin de mémoire « Tulle Résistante et Martyre », va de nouveau plancher à la rentrée pour concevoir un support pédagogique à destination du public, des touristes, étudiants et historiens… permettant de mieux connaître et comprendre ce crime hors du commun que les SS de la division Das Reich, commandés par le général Lammerding, firent subir à la ville.
D’ores et déjà, le Président François Hollande a annoncé sa présence le 9 juin 2014 à Tulle et le lendemain à Oradour-sur-Glane.
Paul Mons


 Hommage aux Martyrs de Tulle – 2012

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A Tulle, les cérémonies du souvenir des journées des 7,8 et 9 juin 1944 se sont déroulées selon la tradition, marquant une nouvelle fois l’attachement de la population à la commémoration de ces tragiques événements.
Le 7 juin, des gerbes ont été déposées, par les autorités et les associations, au square du Souvenir près de la gare, en hommage aux 18 garde-voies lâchement assassinés par les soldats de la garnison allemande, ainsi qu’au cimetière du Puy-SaintClair où sont enterrés 22 Résistants tombés les 7 et 8 juin 1944, lors des combats dans la ville.
Le 8 juin, devant l’ensemble du personnel et la direction des Etablissements Borg-Warner (ex usine de la Marque), Bernard Combes, maire de Tulle, le Comité des Martyrs et le Comité d’entreprise de l’usine ont fleuri la stèle des 42 membres du personnel victimes de la barbarie nazie.
Le 9 juin à 16h 30, à Pounot, les honneurs ont été rendus aux 6 Résistants de l’Armée Secrète (A.S.) tués par les S.S. de la division Das Reich. C’est à 17 heures qu’un long cortège formé des élèves des établissements scolaires, des familles des Martyrs,
des autorités et de la population a entrepris la marche lente vers le Haut lieu de Cueille où les S.S. firent enfouir, le soir du 9 juin 1944, les corps des 99 innocents pendus aux balcons et lampadaires du quartier de Souilhac.
Cette année, l’hommage aux Martyrs a revêtu un caractère particulier du fait de la présence de François Hollande, Président de la République qui, au côté des familles, a effectué le trajet de l’endroit du drame jusqu’au Champ des Martyrs.Plus de 2000 personnes ont participé à la cérémonie. En bordure de la route de Brive, le Champ des Martyrs surplombe la rivière Corrèze et la configuration des lieux limite l’accès à l’aire de recueillement devant les trois stèles. Seules les autorités et les familles purent y accéder. Six élèves prononcèrent les noms des 200 victimes (Suppliciés et Déportés) puis la chorale des écoles, accompagnée par l’harmonie des enfants de Tulle, entonna Le Chant des Partisans.
De nombreuses gerbes furent déposées par les personnalités, les associations, le Comité des Martyrs et le Président de la République dont la présence ce jour-là confère au drame de Tulle une dimension nouvelle. C’est la première fois qu’un Président de la République en exercice assiste à la cérémonie commémorative. Gageons que la couverture médiatique de l’événement puisse avoir des répercussions bénéfiques sur la connaissance de ce drame oublié par certains.
Paul Mons

Hommage aux Fusillés de la prison

Comme tous les ans, la ville de Tulle a organisé une cérémonie pour perpétuer le souvenir de six patriotes morts pour la France. Cette année l’Association Nationale des Familles de Fusillés et Massacrés de la Résistance Française y était invitée par la municipalité, Paul Mons nous y représentait.
Le 02 avril 1944, six Résistants de l’Armée secrète (AS) et des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTP-F) emprisonnés à Tulle sont fusillés, sans jugement, sur ordre de la police allemande et de la milice, en représailles de la mort d’un lieutenant nazi tué la veille lors d’une embuscade à Bonnel, sur la route nationale 89 reliant Brive à Tulle.
Parmi eux Raymond Farro, responsable de l’AS pour la Région 5, arrêté à Brive le 20 mars précédent, torturé et mutilé avant d’être exécuté avec 5 autres Patriotes Résistants détenus pour avoir combattu l’occupant : Pierre Borely, Henri Bourg, Jean Fredon, André Lagrafeuille, Martial Raphel.