Mois : février 2024

L’entrée de Missak Manouchian au Panthéon, un hommage à tous les résistants étrangers

Quatre-vingts ans jour pour jour après son exécution au fort du Mont-Valérien par les nazis, le résistant arménien Missak Manouchian fait son entrée au Panthéon, mercredi 21 février. Une reconnaissance envers le chef du groupe de « l’Affiche rouge », mais aussi un hommage à tous les résistants étrangers.

« Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement ». Deux heures avant d’être fusillé au fort du Mont-Valérien, dans une ultime lettre, Missak Manouchian exprime le souhait que son pays d’adoption n’oublie pas son sacrifice.

Quatre-vingts ans jour pour jour après l’écriture de ces mots, le vœu du résistant arménien va être exaucé. Il va faire son entrée au Panthéon, mercredi 21 février, aux côtés de son épouse Mélinée.

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Hommage à Missak Manouchian : une veillée au Mont-Valérien avant son entrée au Panthéon

Un hommage a été rendu, dans la soirée du mardi 20 février, à Missak Manouchian au Mont-Valérien, dans les Hauts-de-Seine, 80 ans après son exécution à ce même endroit. Mercredi, le résistant entrera au Panthéon avec sa compagne, elle aussi résistante.

Missak Manouchian est retourné au Mont-Valérien (Hauts-de-Seine), dans la soirée du mardi 20 février, 80 ans après son exécution. Il est arrivé cette fois-ci en héros, dans un cercueil drapé de bleu blanc rouge, suivi par les portraits de ses camarades résistants fusillés avec lui. Premier moment d’arrêt lors de la veillée d’hommage : la clairière des fusillés. Les derniers mots de Missak Manouchian ont été lus. Il s’agissait d’une lettre adressée à son épouse Mélinée Manouchian le jour de son exécution.

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En images : Au Mont Valérien, une veillée pour le résistant Manouchian et les siens

A la veille de la cérémonie d’entrée au Panthéon, plusieurs centaines de personnes se sont réunies mardi soir au Mont Valérien, près de Paris, pour un hommage au résistant Missak Manouchian et à ses compagnons, français et étrangers, sur les lieux de leur fusillade par l’occupant allemand, 80 ans plus tôt. « Cette veillée apporte ce que notre jeunesse a besoin de voir : des gens courageux qui ont épousé la France et se sont battus pour la liberté », a déclaré devant l’imposant mémorial de la France combattante Patricia Mirallès, secrétaire d’Etat chargée des Anciens combattants.

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Au mémorial de la Shoah : des documents inédits pour présenter Manouchian et tous les étrangers de la résistance

À l’occasion de la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian, le mémorial de la Shoah présente une exposition pour célébrer l’engagement des étrangers dans la Résistance.

Au cœur du mémorial de la Shoah, au pied de l’escalier qui mène à l’exposition, gît la « tache de sang », comme l’appelait Louis Aragon. L’Affiche rouge, haute de près d’un mètre, accueille le visiteur. Les visages des combattants de « l’armée du crime » y sont présentés comme autant de cibles « terroristes » abattues par les nazis. Une propagande qui dès ses origines « n’a pas fonctionné », rappelle la commissaire d’exposition Renée Poznanski.

Placardée partout sur les murs de Paris et dans plusieurs formats, elle avait pour but de désigner les ennemis : tous des étrangers coupables d’attentats contre les Français. Faux, leurs actions étaient ciblées et ne tuaient que des occupants allemands. Leur assignation à résidence communautaire est « un anachronisme déjà pour l’époque ». « Ces résistants étaient traversés par une convergence ou une polyvalence identitaires. » Juifs, Hongrois, Polonais, Arméniens, Italiens, Espagnols, communistes… Ces identités ne rentraient pas en concurrence, ne se hiérarchisaient pas. Ce qui prévalait, c’était leur volonté de libérer la France. Le dénominateur commun de leur combat : l’idéal des Lumières contre le fascisme et le nazisme.

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Il entre au Panthéon : Missak Manouchian l’Arménien, l’homme engagé, le résistant, le poète francophile

Le 21 février, jour du 80e anniversaire de l’exécution de vingt-deux résistants dont il était le leader, Missak Manouchian va entrer au Panthéon avec son épouse et sa partenaire de lutte, Mélinée. À travers eux, la Nation célèbre l’engagement des étrangers dans la Résistance, mais aussi une passion pour la France, pays d’accueil de ces orphelins apatrides, et sa culture.

Article rédigé par Annie Yanbekian
France Télévisions – Rédaction Culture

Publié le 17/02/2024 20:30
Temps de lecture : 6 min
Missak Manouchian photographié après son arrestation par la police française en novembre 1943, et sa lettre envoyée à son épouse Mélinée avant son exécution le 21 février 1944. Image extraite du documentaire « Manouchian et ceux de l’Affiche rouge » diffusé le 20 février 2024 à 21h10 sur France 2. (ARCHIVES DE LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS)
L’Arménien Missak Manouchian, mort fusillé à 37 ans avec vingt et un de ses camarades au Mont Valérien, en banlieue ouest de Paris le 21 février 1944, et son épouse Mélinée, gardienne de sa mémoire jusqu’à son décès en 1989, incarnent un couple emblématique à bien des égards dans leur lutte au sein de la Résistance, mais aussi dans leur relation avec la France.

Quatre-vingts ans après son assassinat, Missak Manouchian devient le premier résistant étranger, et communiste, à intégrer l’illustre temple mémoriel. Son nom, son visage grave et ombrageux, immortalisés par l’Affiche rouge réalisée par les nazis pour faire un exemple de ce « terroriste » arménien et de ses compagnons d’armes juifs polonais et juifs hongrois entre autres, symbolisent à jamais le groupe dont il avait pris la direction militaire à Paris.

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